Combien de cabinets, maisons de santé ou centres de soins ont réellement une présence numérique autonome ? C’est la question que posent journalistes, collectivités et responsables de structures quand ils cherchent à comprendre le retard numérique du secteur. Ce hub rassemble les études et données publiées sur l’équipement numérique des professionnels de santé en France, à partir d’extractions du registre national des entreprises (RNE) et de sources publiques vérifiables.
Ce que mesure le registre national des entreprises
Le registre national des entreprises (RNE), tenu par l’Institut national de la propriété industrielle (INPI), centralise les données déclarées par toutes les entités immatriculées en France. Pour les structures de santé — maisons de santé pluriprofessionnelles, centres de santé, cabinets de groupe — il recense notamment l’URL du site web lorsqu’elle est déclarée. Sur 2 429 structures répertoriées dans notre extraction, 1 598 n’ont déclaré aucune URL, ce qui représente 65,8 % du total. Ce chiffre ne signifie pas que ces structures sont totalement absentes du web : certaines apparaissent sur des annuaires comme Doctolib ou Ameli, sans pour autant posséder un site propre. La distinction est importante pour comprendre les statistiques propres aux maisons de santé, qui font l’objet d’une analyse dédiée dans ce cocon.
Pourquoi l’équipement numérique varie autant d’une structure à l’autre
Plusieurs facteurs expliquent ces écarts. D’abord, la taille et le mode de gouvernance : une maison de santé pluriprofessionnelle (MSP) de quinze praticiens dispose généralement d’un budget et d’un coordinateur administratif susceptibles de gérer un projet numérique, alors qu’un cabinet de deux médecins fonctionne sans ressource dédiée. Ensuite, l’ancienneté de la structure : les entités créées après 2018 ont eu à répondre à des exigences réglementaires nouvelles (RGPD, hébergement de données de santé) qui ont parfois freiné les initiatives. Enfin, la géographie joue un rôle : la carte départementale de l’équipement numérique santé montre des disparités marquées entre zones urbaines bien dotées et territoires ruraux où la priorité reste l’accès aux soins, pas la communication digitale.
Ce qui est interdit ou ne marche pas en matière de données numériques santé
L’utilisation des données d’équipement numérique des structures de santé est encadrée par plusieurs textes. Voici les erreurs fréquentes et les alternatives légales :
- Compiler des listes de praticiens à des fins commerciales non sollicitées : l’article 6 du règlement général sur la protection des données (RGPD, règlement UE 2016/679) subordonne tout traitement à une base légale. Démarcher des structures à partir d’une extraction RNE sans leur consentement est une pratique risquée ; on s’appuie plutôt sur le référencement naturel pour que les structures intéressées viennent à soi.
- Présenter des données partielles comme représentatives du marché national : une extraction RNE couvre les structures immatriculées, pas nécessairement actives ; préciser systématiquement la date d’extraction et le périmètre évite les conclusions trompeuses, qui pourraient tomber sous le coup de l’article L.121-2 du code de la consommation sur les pratiques commerciales trompeuses.
Les outils numériques qui équipent réellement les structures
Parmi les structures qui ont déclaré une URL, l’analyse de ces adresses révèle une concentration sur quelques solutions. Les plateformes spécialisées en site internet santé trustent la majorité des installations, devant les solutions WordPress génériques et les pages incluses dans des logiciels métier (DPI, logiciel de cabinet). Cette concentration a des conséquences directes sur la qualité des sites : des templates identiques, des contenus peu différenciés et des performances techniques variables selon l’hébergement choisi par la plateforme.
Comment utiliser ces données pour votre structure
Si vous pilotez une structure de santé ou conseillez un réseau de professionnels, ces chiffres servent d’abord à situer votre situation par rapport à celle de vos confrères départementaux. Le second usage est budgétaire : savoir ce que le marché dépense réellement aide à calibrer une enveloppe cohérente — vous trouverez une grille de référence dans notre guide sur le budget d’un projet de site internet santé. Enfin, ces données alimentent le débat public sur la désertification numérique : elles ont déjà été reprises par des agences régionales de santé dans leurs bilans annuels. Si vous souhaitez les utiliser dans un rapport, contactez notre équipe pour obtenir l’extraction datée au format CSV. Pour démarrer la création du site internet de votre cabinet ou structure, les analyses de ce cocon vous donnent toutes les clés méthodologiques.
Questions fréquentes
Combien de structures de santé ont un site internet en France ?
Sur 2 429 structures répertoriées dans notre extraction du registre national des entreprises, 831 ont déclaré une URL de site web, soit environ 34 % du total. Les 1 598 restantes n’ont pas de site propre déclaré, même si certaines apparaissent sur des annuaires tiers.
Quelle est la source des données d’équipement numérique santé ?
Les données proviennent du registre national des entreprises (RNE) tenu par l’INPI, complétées par une vérification manuelle des URLs déclarées. L’extraction est datée et mise à jour annuellement. Elles concernent les structures immatriculées, pas l’ensemble des professionnels libéraux.
Pourquoi autant de structures de santé n’ont-elles pas de site internet ?
Les raisons principales sont le manque de temps et de ressource dédiée, la méconnaissance des obligations réglementaires qui rend le projet intimidant, le coût perçu comme élevé, et la concurrence des annuaires publics (Ameli, Doctolib) qui donnent l’illusion d’une présence numérique suffisante sans site propre.
Sources
- Registre national des entreprises (RNE), INPI — extraction datée, périmètre structures de santé immatriculées.
- Règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016 relatif à la protection des données (RGPD), article 6.
- Article L.121-2 du code de la consommation (pratiques commerciales trompeuses).
Données issues du registre national des entreprises, extraction datée. Mise à jour annuelle.

