Vous gérez ou intégrez une maison de santé pluriprofessionnelle et vous vous demandez si avoir un site internet est vraiment utile, voire indispensable ? Les chiffres du terrain sont éclairants. Cette page détaille les statistiques des sites internet de maisons de santé en France, à partir des données publiques du registre national des entreprises. Pour situer ces résultats dans le contexte plus large de la transition numérique du secteur, consultez notre panorama de l’équipement numérique des structures de santé en France.
Ce que révèlent les données sur les MSP et le numérique
Sur l’ensemble des structures de santé répertoriées dans notre extraction RNE, les maisons de santé pluriprofessionnelles représentent une part significative du tissu ambulatoire français. Le constat principal est sans appel : environ deux tiers des structures n’ont pas déclaré d’URL. Ce chiffre, s’il peut sembler surprenant à l’heure où le numérique est omniprésent, s’explique par plusieurs facteurs structurels. D’abord, de nombreuses MSP ont été créées sous l’impulsion de financements ARS ou de collectivités territoriales dont l’accompagnement à la communication digitale était limité. Ensuite, la gouvernance collective propre aux maisons de santé — où chaque praticien est indépendant — complique souvent les décisions d’investissement commun.
Parmi les structures qui disposent d’un site, on distingue trois cas de figure. Premièrement, les MSP qui ont investi dans un site conçu pour leur territoire, avec des pages praticiens, des informations sur les permanences et un formulaire de contact. Deuxièmement, les MSP dont le site se résume à une page générée automatiquement par leur logiciel métier ou par le Groupement Hospitalier de Territoire (GHT) dont elles dépendent. Troisièmement, les MSP dont l’URL déclarée renvoie vers une fiche Doctolib ou Ameli, ce qui constitue techniquement une présence web mais pas un site propre au sens strict. Cette distinction est essentielle quand on compare les données département par département.
Pourquoi ces statistiques concernent chaque coordinateur de MSP
Une MSP sans site propre délègue sa réputation numérique à des tiers : annuaires publics dont les données sont parfois erronées, fiches Google Business Profile non revendiquées, pages créées par des praticiens qui quittent ensuite la structure. Or le site internet d’une MSP remplit des fonctions que les annuaires ne couvrent pas. Il permet de présenter le projet de santé territorial, document fondateur qui distingue une maison de santé d’un simple regroupement de cabinets. Il rassure les professionnels de santé susceptibles de rejoindre la structure, notamment les jeunes médecins en recherche d’installation qui consultent systématiquement internet avant tout entretien. Il communique sur les créneaux disponibles, les spécialités représentées et les services associés comme une sage-femme, un psychologue ou un diététicien. Enfin, il sert de point de contact unique et institutionnel pour les partenaires : mairies, ARS, établissements hospitaliers, services sociaux.
Ces fonctions justifient un investissement spécifique, distinct de ce que chaque praticien fait à titre individuel sur son propre site ou sa fiche Doctolib. La cohérence de l’image collective passe par un espace commun dont la MSP garde le contrôle éditorial et technique.
Ce qui est interdit ou contre-productif pour une MSP en ligne
Certaines pratiques observées sur des sites de maisons de santé sont contraires aux règles déontologiques applicables aux professionnels qui y exercent. Les coordinateurs qui supervisent la création ou la refonte d’un site doivent connaître ces limites pour éviter des situations délicates.
- Publier des avis ou témoignages de patients : l’article R.4127-19 du code de la santé publique, applicable aux médecins mais dont le principe est étendu aux autres professions réglementées, interdit tout procédé attirant des patients par des moyens contraires à la dignité de la profession. La collecte d’avis sur le site de la MSP entre dans cette catégorie. On oriente plutôt vers la fiche Google Business Profile, dont la gestion des avis suit d’autres règles et relève de la liberté d’expression des utilisateurs, non d’une démarche publicitaire de la structure.
- Afficher des classements ou comparatifs entre praticiens : mettre en avant qu’un médecin de la MSP est « le mieux noté » ou « le plus rapide à répondre » constitue une comparaison déontologiquement problématique au regard de l’article R.4127-19-1 du code de la santé publique. La page praticien reste factuelle : formation initiale, spécialités, langues parlées, modes d’exercice.
- Formuler des promesses de résultats thérapeutiques : une formulation comme « nos kiné obtiennent des résultats rapides » ou « guéri en trois séances » relève de la publicité mensongère et viole les règles déontologiques des professions concernées. Les formulations restent descriptives des prestations proposées, jamais des effets attendus.
- Utiliser des superlatifs commerciaux : « la meilleure MSP du département », « les seuls à proposer », « les premiers à avoir » sont des affirmations non vérifiables et contraires à l’esprit déontologique. Le registre informatif prévaut toujours.
Les plateformes les plus utilisées par les MSP équipées
Parmi les MSP qui ont un site déclaré, l’analyse des URLs montre une concentration sur quelques solutions. Les plateformes spécialisées en site internet santé représentent la part la plus importante, suivies de solutions WordPress déployées par des agences locales. Ces deux catégories se distinguent par leur approche : les plateformes spécialisées proposent des modèles conformes d’emblée aux règles de l’hébergement de données de santé (HDS) et intègrent souvent des connexions avec les logiciels métier du secteur, tandis que les solutions WordPress offrent plus de flexibilité éditoriale mais nécessitent un paramétrage rigoureux pour répondre aux exigences du RGPD en milieu de santé.
Une minorité de MSP utilise des outils généralistes comme Wix ou Squarespace, souvent avec des résultats insuffisants sur le plan de la conformité RGPD et de l’hébergement des données. Ces solutions peuvent convenir pour un site vitrine strictement informatif, sans formulaire de santé ni agenda en ligne, mais elles montrent rapidement leurs limites dès qu’une intégration fonctionnelle est envisagée. Les CMS open source comme SPIP, parfois imposés par des collectivités partenaires, représentent quant à eux un quatrième segment marginal mais présent.
Que faire si votre MSP n’a pas encore de site internet
La première étape est de vérifier ce qu’annuaires et moteurs de recherche affichent déjà sur votre structure. Il est fréquent de découvrir des informations incorrectes — adresse, horaires, liste des praticiens — sur des fiches non revendiquées. La correction de ces données est une priorité avant même de lancer un projet de site, car un référencement local incohérent nuit à la crédibilité de la structure et génère des appels inutiles vers des numéros obsolètes.
Si vous êtes en phase de réflexion, le guide dédié à la création du site internet d’une maison de santé pluriprofessionnelle détaille les fonctionnalités indispensables, les contraintes réglementaires et les fourchettes budgétaires réalistes. Commencer par un audit de l’existant est toujours la bonne première action. Cet audit doit couvrir au minimum : la fiche Google Business Profile, les fiches Pages Jaunes et Doctolib si elles existent, les mentions dans les annuaires de l’ARS, et la présence éventuelle sur le site de la mairie ou de la communauté de communes. Une fois cet état des lieux réalisé, la décision de créer un site et le choix de la solution peuvent s’appuyer sur des données concrètes plutôt que sur des impressions.
Interprétation des données : limites méthodologiques
Les statistiques présentées ici sont issues du registre national des entreprises tenu par l’INPI. Ce registre répertorie les URLs déclarées lors des formalités d’immatriculation ou de modification, mais il ne constitue pas un inventaire exhaustif et actualisé en temps réel. Plusieurs biais doivent être pris en compte. D’une part, une MSP peut disposer d’un site opérationnel sans l’avoir jamais déclaré au registre, ce qui conduit à sous-estimer le taux d’équipement réel. D’autre part, certaines URLs déclarées renvoient vers des pages inexistantes ou désactivées, ce qui peut surestimer le taux de présence effective. Les chiffres présentés constituent donc une indication de tendance plutôt qu’une mesure précise. Ils sont néanmoins cohérents avec les observations de terrain rapportées par les acteurs du secteur et par les réseaux de maisons de santé.
Questions fréquentes
Quel pourcentage de maisons de santé ont un site internet en France ?
D’après notre extraction du registre national des entreprises, environ un tiers des structures de santé répertoriées ont déclaré une URL. Pour les MSP spécifiquement, le taux est légèrement supérieur en raison de leur taille et de leur mode de gouvernance collective, mais la majorité reste sans site propre géré par la structure elle-même.
Une MSP peut-elle utiliser la fiche Doctolib comme site internet ?
Doctolib fournit une présence en ligne utile pour la prise de rendez-vous, mais ce n’est pas un substitut au site propre. La fiche Doctolib ne permet pas de présenter le projet de santé territorial, d’optimiser le référencement local sur des requêtes géographiques spécifiques à la commune ou au quartier, ni de maîtriser l’image de la structure face aux partenaires institutionnels comme l’ARS ou les collectivités.
Combien coûte un site internet pour une maison de santé ?
Les fourchettes varient selon la solution choisie : d’environ 800 € pour un site minimal sur plateforme spécialisée à 5 000 € et plus pour un développement sur mesure avec intégration de prise de rendez-vous et agenda en ligne. La maintenance annuelle — mises à jour de sécurité, hébergement, support technique — est un poste à prévoir dès le départ, généralement entre 200 € et 600 € par an selon la solution.
Le site d’une MSP doit-il être hébergé sur un hébergeur certifié HDS ?
Cela dépend des fonctionnalités intégrées. Un site strictement informatif, sans formulaire transmettant des données de santé ni agenda connecté à un logiciel métier, n’est pas soumis à l’obligation d’hébergement HDS. En revanche, dès qu’un formulaire de contact collecte des informations relatives à l’état de santé d’un patient, ou qu’un agenda en ligne transmet des données vers un logiciel médical, l’hébergeur doit être certifié HDS. Il est conseillé de vérifier ce point avec l’éditeur de la solution avant toute signature.
Comment savoir si des informations incorrectes circulent sur notre MSP en ligne ?
Une recherche Google sur le nom de la structure, complétée par une recherche sur l’adresse, permet d’identifier les fiches les plus visibles. Il convient ensuite de revendiquer et corriger la fiche Google Business Profile, de vérifier les données affichées par Doctolib et Pages Jaunes, et de contrôler les mentions dans les annuaires de l’ARS régionale. Des outils de surveillance de réputation en ligne peuvent automatiser ce suivi pour les structures qui souhaitent être alertées rapidement.
Sources
- Registre national des entreprises (RNE), INPI — extraction datée, périmètre structures de santé immatriculées.
- Article R.4127-19 du code de la santé publique (publicité médicale).
- Article R.4127-19-1 du code de la santé publique (procédés attirant des patients).
- Instruction CNIL relative au traitement des données de santé dans les structures ambulatoires.
- Référentiel d’hébergement de données de santé (HDS), Agence du Numérique en Santé (ANS).
Votre maison de santé n’a pas encore de site internet ou votre site actuel ne reflète plus votre projet de santé territorial ? Nous accompagnons les MSP dans la création et la refonte de leur présence en ligne, dans le respect des règles déontologiques et des contraintes réglementaires du secteur. Demandez un devis sans engagement.
Données issues du registre national des entreprises, extraction datée. Les chiffres sont indicatifs et peuvent évoluer. Mise à jour annuelle.

